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GB : rattrapé par des affaires, Nigel Farage démissionne pour s'en remettre au vote des électeurs
information fournie par AFP 07/07/2026 à 20:06

Nigel Farage lors d'une conférence de presse de son parti à Londres le 18 novembre 2025 ( AFP / Justin TALLIS )

Nigel Farage lors d'une conférence de presse de son parti à Londres le 18 novembre 2025 ( AFP / Justin TALLIS )

Rattrapé par des affaires de dons non déclarés, Nigel Farage, le chef du parti anti-immigration Reform UK, a annoncé mardi qu'il démissionnait du Parlement britannique pour se représenter à une législative partielle, afin que les électeurs soient "juges de (ses) actions".

Les travaillistes et les conservateurs ont fait savoir qu'ils boycotteraient le futur scrutin.

Depuis plusieurs semaines, l'ex-figure de proue du Brexit est dans la tourmente, peinant à expliquer pourquoi il n'a pas déclaré d'importants sommes données par de riches soutiens peu avant son élection en tant que député en juillet 2024.

Il est sous le coup d'une enquête du gendarme chargé de l'éthique des parlementaires au sujet d'un don de cinq millions de livres (5,7 millions d'euros) fait par un milliardaire qui a bâti sa fortune grâce aux cryptomonnaies, Christopher Harborne, quelques mois avant de se présenter aux législatives.

Cette polémique intervient à un moment où l'ascension spectaculaire de Reform UK, qui domine les sondages sur les intentions de vote depuis des mois et est ressorti vainqueur des dernières élections locales en mai, semble ralentir.

Après s'être mis en retrait ces dernières semaines, Nigel Farage, 62 ans, a donc choisi la contre-attaque.

"Je vais démissionner de mon mandat de député de Clacton-on-Sea (sud-est de l'Angleterre, ndlr), ce qui provoquera une élection partielle, (...) et je me présenterai à ce scrutin partiel", a-t-il révélé dans une déclaration vidéo.

"Les habitants de Clacton doivent être les juges de mes actions", a-t-il insisté, accusant les médias et ses adversaires politiques de s'en prendre à lui.

"Manoeuvre désespérée"

Il a de nouveau affirmé n'avoir "rien fait de mal" et avoir utilisé une partie de l'argent reçu pour financer sa sécurité.

"Je suis la figure publique ou le responsable politique le plus attaqué verbalement et physiquement de l'époque moderne", a-t-il lancé.

Sa démission met en suspens l'enquête en cours mais celle-ci pourra reprendre s'il est réélu.

"Tout ce que cela lui permet de faire, c'est de gagner du temps", a commenté Tim Bale, politologue à l'université Queen Mary de Londres, interrogé par l'AFP.

Le Premier ministre démissionnaire Keir Starmer a qualifié l'annonce de Nigel Farage de "manoeuvre désespérée", tandis qu'un porte-parole du travailliste Andy Burnham, pressenti pour lui succéder à Downing Street, a brocardé un "coup de communication destiné à détourner l'attention d'accusations sérieuses".

Le Labour a affirmé qu'il ne présenterait aucun candidat pour ce scrutin.

La cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch a fait de même, appelant Nigel Farage à "répondre aux questions" au lieu de provoquer une élection "motivée par son ego".

Le chef du parti libéral-démocrate Ed Davey a appelé toutes les formations politiques à refuser de participer à cette élection partielle.

"Moyens déloyaux"

Après sept tentatives infructueuses, Nigel Farage avait finalement été élu député en juillet 2024 dans cette circonscription de Clacton-on-sea, un fief des partisans du Brexit qui était donc largement acquis au promoteur acharné de la sortie de l'Union européenne.

Il a qualifié la future législative partielle, dont la date n'est pas encore connue, de scrutin "du peuple contre l'establishment", reprenant le discours antisystème qu'il emploie régulièrement. Il a proposé que Reform paie pour l'organisation de cette élection.

"L'establishment semble avoir désormais décidé qu'il ne pouvait pas nous battre à la loyale. Il a donc choisi de recourir à des moyens déloyaux", a accusé Nigel Farage.

Il a reçu le soutien du président américain Donald Trump, dont il se dit l'ami, sur le réseau Truth Social.

L'enquête lui fait courir le risque d'une suspension de son appartenance à la Chambre des communes, qui aurait pu conduire au déclenchement d'une élection législative partielle dans sa circonscription. Une éventualité qu'il a donc préféré anticiper avec l'annonce de sa démission.

Les nouveaux députés sont censés déclarer toute somme d'argent reçue dans les 12 mois ayant précédé leur élection, sauf si elle n'est pas considérée comme liée à des activités politiques.

Et Nigel Farage a aussi laissé entendre dans son discours qu'il faisait l'objet d'une nouvelle enquête, après des révélations du Sunday Times ce week-end. Ce journal a dévoilé qu'il n'avait pas déclaré avoir bénéficié de services de sécurité, d'un hébergement ainsi que de la prise en charge de sa communication sur les réseaux sociaux, financés par un autre spécialiste des cryptomonnaies, George Cottrell.

Ces affaires s'ajoutent à d'autres allégations sur des erreurs dans la déclaration des intérêts qu'il a perçus dans l'immobilier au Royaume-Uni.

1 commentaire

  • 17:59

    Farage, Milei, Bukele … Quand est ce que la France aura son homme providentiel ???


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